| Les paysages de Grèce que rapporte de son dernier voyage, M. Pierre Girieud, sont baignés de cette douce lumière hellénique qui rappelle un peu, par sa transparence, celle de notre Provence. M. Pierre Girieud est un artiste qui, tout en ayant profité de la grande leçon donnée par les impressionnistes, sut rester dans la tradition de l'ordonnance classique.
Il ne pouvait donc que tirer un heureux parti des architectures vétustes qui dominent des paysages flanqués d'ifs et que le soleil dore au midi ou rosit doucement à l'heure du couchant. L'Acropole, citadelle unique au monde, sous tous ses aspects, nous est ainsi restituée dans sa beauté agonisante avec un merveilleux sens artistique. Paysages qui semblent se composer tout seuls mais dans lesquels M. Girieud a su mettre beaucoup de distinction native et dont il a ordonné le rythme des lignes et des plans colorés. Athènes, ainsi, ressuscite, après bien des siècles, avec la gloire architecturale de ses temples sous un ciel d'azur dans lequel jouent de jolis nuages méditerranéens.
Parmi les tableaux dont la qualité me paraît plus précieuse, je signalerai la vue sur l'Hélicon, la baie d'Argos et le golfe le matin, d'une luminosité exquise, l'Acropole vue du Théseion, l'Acropole et le temple de Jupiter, d'une composition remarquable, l'Hymette qui baigne dans une atmosphère élégiaque et le Parthénon, sobre et quasiment sculptural.
Des esquisses pour la décoration de l'Université de Poitiers, des victoires pour les fresques du Jas de Puyvert, des compositions diverses dans lesquelles M. Pierre Girieud prouve et son esprit inventif et ses grandes qualités de dessinateur et de décorateur complètent cette exposition qui place au premier rang des peintres de sa génération cet excellent artiste dont les qualités sont le style, l'harmonie et l'amour du beau métier.
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