Fiche bibliographique

Fosca - "Pierre Girieud (Druet) "
L'Amour de l'Art---

-Paris
février 1929 p.70, 71
Contenu sur Girieud
Depuis quelques années, les peintres se sont rués en Provence, et les murs des galeries nous présentent à l’infini les divers aspects de la gueuse parfumée. Mais planter son chevalet dans un pays, et en rapporter une quarantaine de toiles de 20. ne prouve pas qu’on ait saisi l’âme de ce pays, ce je ne sais quoi d’indéfinissable, qui se refuse aux artistes trop pressés ou trop sûrs d’eux-mêmes„ Que de vues de Provence l’on a pu voir, qui n’avaient pas plus de saveur qu’un fruit mal venu! Etre même natif du pays ne suffit pas ; il faut une secrète correspondance entre la nature et l’artiste. Cette correspondance existe entre Girieud et la Provence ; il n’y a pour le constater qu’à regarder ses paysages. Il retrace mieux que personne ces sites graves, sobres et grands de lignes, où la végétation sait si bien se placer pour faire valoir l’ossature du pays. Même lorsqu’il n’y admet point de figures, ses toiles évoquent à l’esprit le monde et la fable antiques. Je crois bien que cette exposition est la meilleure que Girieud nous ait donnée. Il semble qu’avec l’âge sa nature fougueuse s’apaise, se décante, et acquière une moelleuse maturité. N’oublions pas de signaler ces deux toiles, qu’il appelle des « interprétations » d’après Tintoret et Rubens. Ce sont des copies libres, et où l’intelligence des maîtres s’unit à une science solide. --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- p.70 - reproduction de Saint Rémy les antiques