Fiche bibliographique

Morice Charles - "Salon d'Automne "
Mercure de France-n°297-A20-

-Paris
01-novembre 1909 p.149
Contenu sur Girieud
.... Les fleurs, la vaste composition intitulée Baigneuse : M. Pierre Girieud conclut plus fortement encore cette année que l'an dernier (aux Indépendants, où s'affirmait déjà l'instant décisif dans la carrière de cet artiste) le pacte d'un esprit avec la nature. Chez celui-ci encore et très singulièrement l'importance de la vie intérieure est extrême; ses décorations proclament le parti pris plastique d'une pensée. Et je n'éprouve aucune gêne à dire que son Portrait de Charles et Albert Morice est une oeuvre de premier ordre. Ainsi traité, le portrait est dans la logique de cette doctrine et de ce talent. C'est le portrait de style et de composition, la grande médaille expressive. Ces deux têtes, d'un homme et d'un enfant, ces deux profils rejoints par un commun caractère, par une ressemblance profonde, ce sont des effigies d'âme. On voit que le peintre a studieusement consulté les formes sensibles, mais il en a tenu compte dans la mesure seulement où elles lui ont révélé des harmonies intérieures. Et, il est étrangement captivant, presque poignant, de voir ce qui persiste de la finesse et de l'énergie de l'homme dans la physionomie de l'enfant, où elle se nuancent de malice douce et d'espérance ingénue; la tristesse de l'homme mûr, qui se souvient et prévoit, s'atténue sans tout à fait s'effacer dans les traits puérils encore et déjà graves du jeune adolescent, avec l'imprécise conscience d'une hérédité; force en attente, volonté qui se rassemble, cœur qui pense. Le succès de cette oeuvre, au Salon a été très grand auprès des artistes qui ont compris l'intérêt considérable de cette indication