| S'il est des peintres d'aujourd'hui qui rappellent les primitifs du moyen-âge, M. Girieud vient au premier rang. Il cherche avant tout l'expression et l'harmonie par la ligne avec des couleurs très franches, presque sans demi teintes.
Ce sont des fleurs d'un effet décoratif très intense sur un fond d'une harmonie parfaite. Ce sont des paysages qu'il fit à Sienne, pleins de clarté avec toujours un grand souci de la ligne dans les maisons et les arbres sur un ciel très clair. Par la ligne encore sont vues ses études de nu où tout est sacrifié à la silhouette. Les femmes de Girieud ne sont plus des choses matérielles; peintes très sincèrement, elles atteignent au symbolisme par l'expression du geste, parfois même au dépens de l'exactitude.
Les deux nus qu'il a aux Indépendants sont très caractéristiques de cette manière qui conviendrait parfaitement pour une fresque monumentale.
Mais où Girieud se retrouve tout entier, c'est dans ses compositions. Avec une grande recherche des lignes, une harmonie de composition et de couleur, l'expression très étudiée de tous les personnages; il y a des scènes du Paradis terrestre très intéressantes. Un Christ, que la croix fait trébucher sur le chemin du Golgotha fait songer à un vitrail ancien. |