| M. Girieud voudrait ignorer tout ce qui s'est fait depuis Giotto (date extrême). Il ne s'intéresse qu'à l'ordonnance pure et rêve d'hiératisme. Le peintre qui est en lui - l'auteur de ces bouquets (un agréable péché) - s'annihile devant le Bysantin. Et voici son Emotion devant la nature. J'admets qu'une émotion puisse être traduite par un rythme de formes et ce n'est pas son titre que je conteste. Je ne conteste pas davantage son parti-pris d'avoir porté tout l'intérêt de ses figures sur les rapports de leur position et de leurs attitudes. Mais, ce que je n'admets pas, c'est l'inconséquence qu'il commet en faisant au modelé cette concession sommaire. Il eut fallu que le modelé fut simplifié de telle sorte que les formes primordiales de l'organisme humain concourussent à l'expression de ce rythme. Ces seins, ces ventres dessinés par des ombres molles ne s'expliquent ni par l'ordre naturel ni par l'intention de l'artiste. Elle exigerait d'ailleurs une affirmation catégorique des formes simplifiées. Une transposition si hardie - et rien n'empêche qu'elle soit légitime - doit paraître nécessaire. Si nous sommes pris d'inquiétude et de doute, tout l'effet de l'oeuvre est manqué. |