| Pierre Girieud et Francisco Durio, dans leur exposition commune, nous offrent à constater une heureuse harmonie de directions en deux arts et deux tempéraments. Ils sont tous deux orientés à la vérité, à la décoration. Décorative, la peinture de Pierre Girieud l'est essentiellement, uniquement et jusqu'au paradoxe, en un temps où les artistes décorateurs, sûrs de l'avenir, n'ont guère ou rien à espérer du présent(...)L'un et l'autre, Durio et Girieud, retournant aux principes dépassent dans le temps la Renaissance, cherchant dans l'espace l'unité de la nature ramenée à ses primordiales analogies. Girieud est plus mystique, Durio plus prés de la vie élémentaire. Ils correspondent, en pleine conscience, aux besoins, aux directions logiques de l'art vrai, s'efforçant de lui rendre ces trois suprêmes vertus dont l'impressionnisme le laisse dépouillé, la Composition, l'Expression, le Style. Ceux qui ne comprendront pas les intentions décoratives de Girieud lui reprocheront des déformations qu'ils ne trouveront pas justifiées. C'est plutôt de rester parfois trop assujetti à la superstitieuse observation de la décomposition des tons, au souci des complémentaires, que nous l'accuserions. Voyez, par exemple, dans les Filles d'Israël dansant en vue de la Terre Promise, dans Ruth et Booth, dans les vendanges de Noë, ces harmonieuses suites de corps féminins reliés par la communauté d'un geste que justifie l'action, et qui se répète avec variété : frises qui suggèrent le riche thème d'une décoration murale aux proportions vastes. |