| Pierre Girieud est un des rares peintres de sa génération, qui ne se satisfasse pas de poser sur un coin de nappe deux pommes rouges et une pomme verte, il a le sens du décor et une imagination fastueuse. La Tentation de saint Antoine, d'il y a trois ans, l'Hommage à Gauguin, si discuté, révélèrent son goût de la vaste composition. Sa série actuellement inspirée par la Bible (danse des filles d'Israël en vue de la Terre Promise, Ruth et Booz, etc...)affirment les mêmes mérites. Girieud obtient par des juxtapositions de teintes plates des effets d'un coloris saisissant et neuf. Les formes ne sont pas moins curieuses et certains gestes, ceux des vierges qui dansent ou de cueilleuses de grappes à la treille, apparaissent d'un rythme tout à fait exquis. Le poète redevient observateur réaliste quand il nous décrit le ciel indigo de Sienne, les dômes et les cloître de San Giminiano et la silencieuse petite cité toscane.
Nous revoyons aussi avec un vif plaisir sa belle interprétation des Trois Grâces Piccolomini. |