| .....Certains ont abandonné déjà l'impressionnisme et le néo-impressionnisme, parce qu'ils ont vu que ces tendances englobent toutes les difficultés de l'art de peindre. D'autres plus inconscients ne voient pas l'écueil et jouent du procédé à outrance; ils veulent amagalmer le symbolisme incohérent aux rudiments des deux tendances précitées. Cela nous vaut l'Hommage à Gauguin.
En un paysage faussement archaïque, d'une naïveté voulue, aux lignes chahutantes, à la polychromie abracadabrante : la Cène; Le Maître, Gauguin, préside, flanqué de deux tahitiennes et entouré de disciples; des personnages accessoires, dont les gestes ou les attitudes sont interlopes, agrémentent le premier plan de cette composition. Ce maître, ces vahinés, ces disciples et ces être inexplicables ont l'air de supporter tout le poids de tout un atavisme de folie, d'alcoolisme et de neurasthénie; la vie leur est un fardeau et l'art de M. Girieud prolonge leur supplice. N'insistons pas sur la description de ce mauvais pastiche des primitifs assaisonné à l'aberration moderne.
Puisqu'il y a ici symbolisme, le symbole apparent pour moi : il doit y avoir un Judas dans l'histoire. Un judas en chair et en os; est-ce celui qui rend l'hommage intéressé ou l'ami de Gauguin qui tolère la farce macabre? |